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Rôle des ingénieurs dans l’établissement

Intervention du SNM/CGT

jeudi 5 avril 2012

Voici le texte de l’intervention de Marc Gillet, représentant CGT à l’instance de concertation des IPEF de Météo-France.

Nous souhaitons apporter quelques informations sur les évolutions que l’on a pu observer à Météo-France sur le rôle des ingénieurs dans l’établissement.

Des carrières bloquées pour les IPEF météorologues

Météo-France est un des plus gros établissements publics en ce qui concerne le nombre des IPEF. Il a été parmi les premiers établissements soumis à la RGPP, et souvent cité par le pouvoir politique, avec les Musées nationaux, comme un terrain d’expérimentation pour réduire les coûts en mettant en œuvre des méthodes singées du secteur privé. Le résultat est un travail en flux tendu dans tous les domaines, un gaspillage des compétences, un blocage des initiatives et une démoralisation des personnels.

Depuis 1986, le directeur général de Météo-France n’est plus un météorologue, ce qui peut être interprété comme de la défiance de nos gouvernants envers une science encore très méconnue. Malgré tout le bruit fait ces dernières années autour du réchauffement climatique, Météo-France en a jusqu’à présent fort peu profité pour se développer dans ce domaine. Peu à peu, la compétence technique à la tête de l’établissement a été remplacée par des vocations gestionnaires, administratives et financières.

On aurait pu espérer que dans le même temps la mobilité des ingénieurs de la météorologie vers d’autres administrations aurait été facilitée, tout au moins pour ceux qui auraient souhaité changer de métier, car on ne trouve pratiquement pas de météorologues employés selon leurs compétences spécifiques en dehors de l’établissement . Certains occupent des postes en vue, mais au titre de gestionnaires ou de “politiques” recasés, par exemple à ADP ou à l’ENPC ; ainsi la mobilité vers l’extérieur demeure quasi nulle ou renforce la tendance à vider le corps de sa spécificité technique. Un seul IPEF météorologue en DREAL par exemple, alors que le nombre d’ IPEF non météorologues à Météo-France est en croissance rapide.
Ce qui reste de mobilité pour les IPEF météorologues recrutés comme tels hors de l’Etablissemnt est principalement orienté vers les organisations internationales à vocation météo, comme l’OMM , le CEPMMTou Eumetsat. Il faut dire cependant que la plupart des IPEF de Météo-France ont su se constituer des spécialités très pointues, en recherche, en prévision, en informatique et dans d’autres domaines, et souvent ne souhaitent pas se reconvertir sur d’autres sujets.

Comme nous l’avons indiqué, on a assisté ces dernières années à Météo-France à une dérive des méthodes de gestion vers les pratiques du secteur privé, conformément à la “réforme de l’Etat” bien antérieure à la présidence de Sarkozy : cf. fusion des corps (“IPC”). Ceci s’est encore accéléré avec les mises en œuvre de la RGPP et du nouveau corps des IPEF, dans lesquelles les ingénieurs météo ont perdu leur spécificité. Vous savez sans doute, cela a été rappelé dans le dernier numéro de Fonction Publique, qu’en 2007 le nouveau gouvernement a exigé qu’à la sortie de l’ENA les élèves aient le choix entre un statut de fonctionnaire et un statut de droit privé. Heureusement, il a du faire rapidement marche arrière, mais rien ne permet de dire que cette idée ne reviendra pas tôt ou tard sur le devant de la scène.

L’application de la nouvelle prime IPF

Au début de l’année 2011 la CGT a été à l’origine d’une pétition intersyndicale sur l’application de la nouvelle Indemnité de Performance et de Fonction (IPF) décidée par l’arrêté ministériel du 16 février 2011. En dix jours à peine, cette pétition a recueilli 85 signatures, soit environ la moitié de l’effectif IPEF de Météo-France. En voici quelques unes des revendications, qui portent sur l’application de la prime puisque celle-ci est décidée et sachant que, par ailleurs, la CGT est opposée au principe même de ce type de gratification :

● que l’on ne fasse pas preuve de précipitation dans l’application ;

● que la prime IPF soit liée à l’entretien annuel ;

● que le détail des propositions d’octroi soit présenté à l’Instance de Concertation de Météo-France et à la CAP nationale ;

● que la grille fonctionnelle s’appuie principalement sur les trois grades, alors que la “grille” en fait abstraction, ce qui est une grave attaque contre le satut (rémunération en fonction du grade et non de la fonction) ;

● que l’amplitude soit réduite, entre 3,5 et 5,5 pour la part fonctionnelle et entre 2 et 4 pour la part performance, en restant cohérente avec le passé de chaque agent.

Qu’en est-il aujourd’hui de l’application de cette prime ?

Pour la première application, les coefficients de fonction attribués à chaque poste IPEF ont été fournis par l’administration. Ils sont publics et fixes, variant de 2 (pour les ingénieurs-élèves) à 6 (pour le directeur général adjoint). Par ailleurs, et comme nous l’avions demandé, il apparaît que l’administration a calculé la part de “performance” de manière à ce que chacun se retrouve à son niveau de prime antérieur. Grâce à cette action résolue de tous les syndicats, il n’y a donc pas eu de difficulté immédiate majeure au moment de l’installation de cette prime. Mais cela cela risque bien de ne pas être le cas par la suite.

On voit en effet poindre maintenant deux difficultés majeures.

Tout d’abord, les personnels hésitent fortement désormais à demander leur mutation vers un poste à prime de fonction moins élevée. On ne voit donc pratiquement plus d’ouverture de postes de directeurs ou de sous directeurs à Météo-France, excepté quand les intéressés en place trouvent pour d’autres raisons un intérêt à changer de poste. Par ailleurs, tous les postes de directeurs récemment libérés par des départs à la retraite ont été pourvus par des personnes extérieures à l’établissement (Directeur des affaires internationales et institutionnelles, directeur technique, directeur de la planification). On peut donc craindre un blocage complet de la circulation des IPEF dans la maison. Symptomatiquement, on constate d’ailleurs que les dernières mutations se sont faites de manière autoritaire, sans même qu’il y ait eu ouverture de poste.

En second lieu, la hiérarchie peut s’estimer insatisfaite de la façon dont les parts de performance ont été attribuées, puisqu’elles ont été utilisées comme une variable d’ajustement lors du passage à l’IPF. Le PDG de Météo-France ayant averti que l’enveloppe des primes de performance ne serait pas augmentée, la hiérarchie ne pourra augmenter les uns qu’en diminuant les autres. On doit donc s’attendre à une forte frustration chez ceux qui subiront une telle diminution, ce qui ne s’est pratiquement jamais vu dans le passé.

Quelques idées pour améliorer cette situation

1. Il conviendra tout d’abord d’assurer une surveillance très précise de l’application de cette prime de performance. Les effets pervers que nous venons de signaler démontrent que ce système est non seulement injuste, mais aussi contre-productif. Encore ne tient-on pas compte dans les coûts générés par ce système des trésors d’inventivité qui sont mis en œuvre par l’administration pour présenter, gérer et justifier l’octroi de cette gratification aux IPEF qu’elle juge méritants. A l’heure où l’on nous parle tant de résultats quantitatifs il serait utile que l’administration, au lieu de déclarations vagues et générales, produise un indicateur quantitatif, mesurable, et vérifiable de l’effet de cette nouvelle prime sur la productivité. Tant qu’il n’y aura pas d’accord (fortement improbable !) sur ce point , il est naturel que les IPEF ressentent ce nouveau système comme un manque de confiance dans les personnes et une mise en doute de leur rigueur morale et de leur adhésion à leur mission. Mais l’objectif poursuivi n’est-il pas plutôt, sous la pression permanente et insistante du CNPF puis du MEDEF, de casser le Statut Général de la FP et la compétence technique au sein de l’administration, afin de donner davantage de latitude aux intérêts privés ? Rappelons que c’est aussi sans aucun doute sous cette pression (bradage du patrimoine de l’Eat + spéculation immobilière) que l’établissement Météo-France a été chassé l’an dernier de son siège historique au 1, quai Branly.

2. Par ailleurs, de toute évidence l’administration joue sur le secret pour diviser les IPEF. Le montant de la part de performance n’est aujourd’hui partagée qu’entre l’intéressé et son supérieur hiérarchique. Pour mettre en évidence l’imbécillité de ce système, ne pourrait-on pas publier ces éléments, quitte à inciter les intéressés à nous les fournir ?

3. Il faudrait conduire une étude plus détaillée sur les évolutions de carrière des IPEF météorologues et sur leurs souhaits, afin de trouver des solutions pour lever les blocages que l’on constate.

4. Il faut aussi sans cesse réclamer le plein respect des instances paritaires et rappeler que nous avons obtenu de haute lutte non seulement le maintien de l’IC IPEF, mais de surcroit le décompte des voix par Etablissement, ce qui a permis à la CGT de se hisser au 1er rang, ex-aequo avec “Solidaires” (les 2 organisations opposées à la RGPP). Preuve s’il en est du rejet des pseudo-réformes par les ingénieurs de l’établissement et de leur solidarité non corporatiste avec les autres corps techniques !

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